Le mal de l'altitude peut prendre plusieurs formes assez différentes selon le
niveau de gravité. On peut distinguer trois phases :Le petit mal des montagnes (appellation non contrôlée)
Quelques symptômes liés à l'altitude peuvent survenir à tout moment dès
lors que l'on dépense de l'énergie. Ce sont :
- Un essoufflement à l'effort : on a du mal à trouver son air, on
halète comme un chien. J'imagine qu'il s'agit tout simplement de l'effet de
la baisse de pression de l'air.
- La tête qui tourne quand on s'agite trop. Exemple typique :
lorsque l'on creuse une plate forme dans la neige pour installer le camp, à
grands coups de pelles. En quelques secondes la tête tourne, le champ de
vision s'obscurcit, parfois on a une baisse de tension suffisante pour
tomber au sol. Impressionnant mais pas grave !
- Un léger mal de tête. Personnellement, je ressens souvent une
douleur localisés sur l'arrière de la tête, au niveau des tendons qui
entourent la colonne vertébrale.
Ces symptômes disparaissent généralement dès qu'on cesse ou diminue l'effort
et qu'on prend l'air.
Le mal aigu des montagnes (MAM)
Dans un second temps, si l'on reste en altitude (même sans une activité
physique importante), d'autres symptômes apparaissent :
- Les nausées. Elles sont faibles et passagères au début, puis
très fortes, allant jusqu'aux vomissements. Contrairement au mal des
transports ces vomissements ne calment pas les nausées.
- Le mal de tête. Il peut être très violent.
- Une baisse sensible de la volonté. Je pense que ce symptôme est
un dérivé naturel des nausées. On n'a plus en vie de rien faire, on n'a
plus en vie de faire d'effort pour monter, plus envie non plus de bouger
pour descendre... On a envie que les autres nous disent ce qu'il faut faire,
et qu'ils nous aident à le faire. On a envie d'être dorlotés, on devient
terriblement égoïste.
- Une aptitude à l'endormissement. Ce symptôme fonctionne avec les
autres, il est impressionnant à l'ouvrage. Par -20°C, malade comme un
chien, je me suis endormi en 30 secondes sur l'arête des bosses lors de ma
première ascension du Mont-Blanc.
- Un manque de pertinence quant aux comportements à adopter. Toute
logique peut quitter le malade, qui selon le cas (et entre autres exemples
innombrables) se croit ailleurs, pense qu'il rêve, prend des décisions
totalement inadaptées, ne sait plus faire les gestes habituels...
L'oedème
Si la personne persiste à rester en altitude malgré le MAM, il peut y avoir
risque d'oedème : de l'eau s'accumule dans les poumons (oedème pulmonaire) ou
dans le cerveau (oedème cérébral).
L'oedème pulmonaire est très facile à reconnaître : il provoque une
respiration très rauque, et la personne crache une bave rosée. L'oedème cérébral
est plus complexe car il ne génère pas vraiment d'autres symptômes que ceux du
MAM précédemment décrits, ils sont simplement plus violents et peuvent aller
jusqu'au coma.
Ces deux oedèmes sont MORTELS A COURT TERME (quelques heures). La redescente
immédiate de quelques centaines de mètres est la solution la plus simple, si ce
n'est pas possible l'évacuation par hélico doit être décidée sans hésiter, sinon
reste la solution du caisson hyperbare que tout le monde n'a pas sur lui en
permanence évidemment...
J'ai le souvenir d'avoir croisé, à la Garganta (col entre les sommets nord
et sud du Huascaran, au Pérou) un cadavre tout à fait mort d'un oedème, ça
fait réfléchir !
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