Moins d'oxygène pour les cellules
Les cellules de l'organisme ont besoin d'oxygène pour vivre : une
cellule privée d'oxygène plus de 3 minutes meurt. Cet oxygène,
l'organisme le tire de l'air par la respiration. Dans l'air il y a
plusieurs gaz, de l'azote, du CO2... l'oxygène y est représenté à 20%.
Ce pourcentage est constant quelque soit l'altitude à laquelle on se
trouve. Le problème provient du fait que la pression de l'air diminue
avec l'altitude. Au niveau de la mer, elle est en
moyenne, de 760 mm Hg, au Mont Blanc elle diminue de moitié et au sommet
de l'Everest elle est théoriquement de 236 mm Hg. Une même goulée d'air
respirée au sommet du Mont-Blanc apportera donc à l'organisme 2 fois
moins d'air qu'au niveau de la mer. Les cellules de l'organisme risquent
donc de manquer d'oxygène si l'effort à fournir consomme plus d'oxygène
que ne peut en apporter la respiration.
La réaction de l'organisme
En cas de quantité d'oxygène respirée trop
faible, l'organisme met rapidement en place des processus internes pour
améliorer les choses. Au bout de quelques heures (6 environ) au-dessus
de 3000m, le corps fabrique des globules rouges supplémentaire. Leur
rôle étant de transporter l'oxygène dans le sang depuis les poumons vers
l'ensemble de l'organisme, cela permet d'améliorer l'efficacité de la
fixation et de l'utilisation du peu d'oxygène respiré.
Le cœur et les poumons trouvent également un
autre rythme : les battements cardiaques baissent d'intensité et la
respiration se ralentit. Suivent des modifications du système hormonal,
puis des changements sur le plan des tissus musculaires et adipeux.
A ce stade, l'organisme a donc réagi pour améliorer la capacité du
sang à capter l'oxygène. Cela va éviter aux cellules de se détériorer,
c'est bien. Mais ce que l'organisme n'a pas su prévoir, c'est qu'il va y
avoir des effets secondaires très désagréables, car l'accumulation des globules rouges accroît la viscosité du sang.
A
partir d'un certain moment, ce sang épais riche en globules rouges a de
plus en plus de mal à circuler dans nos plus petits capillaires. Cette
augmentation de la viscosité sanguine est par ailleurs amplifiée par la
sécheresse de l'air d'altitude qui provoque une déshydratation générale.
C'est l'incapacité du sang à atteindre les plus petits capillaires du
cerveau qui crée les premier maux de têtes, nausées... Le mal léger des
montagnes est donc une création de l'organisme, et pas directement de
l'altitude... On ne peut décidément compter sur personne ! Plus tard,
la pression trop faible de l'air et de l'oxygène génèreront des
problèmes plus graves, et en particulier l'oedème... |