| Le mal de l'altitude se manifeste dès lors que l'on gagne trop rapidement de
l'altitude sans laisser au corps le temps de s'acclimater à de nouvelles
conditions. L'altitude à laquelle il commence à se faire sentir peut être très
variable selon les personnes, les modes de vie, le passé de montagnard, etc...
Disons qu'en moyenne, une personne "de la plaine", non acclimatée,
qui monte très rapidement en altitude, commence à sentir les effets de
l'altitude à partir de 3000 mètres (fatigue plus importante à effort
équivalent, léger mal de tête et petites nausées après un effort important,
etc...), que cela peut devenir vraiment problématique (rendre la progression
difficile voire impossible) à partir de 3500 à 3800 mètres, et que cela peut
devenir dangereux à 4500 ou 5000 mètres (risques d'oedème cérébral ou
pulmonaire). Mais ce n'est pas une échelle absolue, chacun doit être à
l'écoute de soi-même.
Le "délai de grâce"
Le mal de l'altitude n'arrive pas immédiatement. Il y a un délai entre le
moment où l'on atteint une altitude trop élevée par rapport à son
niveau d'acclimatation, et le moment où le mal de l'altitude survient. Je ne sais pas si
ce délai porte un nom médical, donc je lui en donne un pour que l'on se
comprenne mieux par la suite. Appelons-le "délai de grâce".
Quelques exemples de la manière dont ce délai se manifeste :
- Les touristes qui prennent le téléphérique de l'aiguille du midi (départ
1000 m Chamonix, arrivée 3800 m) sans être précédemment montés en altitude
disposent de 2 ou 3 heures de bonheur avant de soudain sentir leur organisme
faiblir et les symptômes du mal de l'altitude leur tomber dessus. Il n'est pas
rare de voir des cohues devant la gare de redescente, tout le monde voulant
monter dans la prochaine cabine pour échapper à cette très désagréable
sensation.
- Les gens qui ont loué les services d'un guide pour faire la voie normale du
Mont-Blanc montent à pied au refuge de l'aiguille du goûter (3800 m). Ils y
arrivent en fin de journée, fatigués mais contents, ils mangent une grande
assiette de pâtes et vont se coucher. Vers minuit, un certain nombre se lèvent
précipitamment pour aller vomir leur repas dans les barres rocheuses
(quelques-uns n'atteignent d'ailleurs pas l'extérieur !)
- Atterrir à La Paz (Bolivie) est une expérience étonnante. L'aéroport est
à 4100 m d'altitude. En sortant de l'avion on se sent légers, vivifiés par
l'air ténu et frais. On prend un taxi pour descendre en centre ville, à 3800
m. Là on se retrouve dans un paysage ordinaire de grande ville : immeubles,
grandes artères fréquentées de voitures bruyantes et polluantes. Il est bien
difficile de s'imaginer que quelques heures plus tard le mal de l'altitude va
vous clouer au lit dans la chambre de votre hôtel.
Ce délai varie considérablement d'un individu à l'autre, de la forme
physique globale, etc...
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