|
Lire aussi : "Soif"
La boisson est évidemment évidemment une préoccupation importante en
altitude ou l'eau liquide est rarement présente. Je pense qu'en haute
montagne, soumis à un effort régulier, avec l'influence de l'altitude, etc...
le corps humain approche de ses besoins maximum en eau. J'ai souvent constaté
que la soif reste peu sensible en début de journée (si l'on a pris garde à
bien boire au petit dej'), mais qu'elle se réveille violemment une fois le camp
installé. Il faut alors boire des litres et des litres pour avoir enfin la
sensation que le corps est satisfait. La soif revient pourtant souvent au cours
de la nuit.
Je pense qu'en moyenne il faut boire 3 à 4 litres d'eau par jour au minimum,
sous une forme ou une autre (soupe, eau, thé...). Cela représente au final des
quantités considérables (par exemple 60 litres pour 5 jours pour 4 personnes).
Il n'est donc pas question d'emporter depuis la vallée toute l'eau dont vous
aurez besoin. L'alimentation principale en eau provient de deux sources
principales :
- Les rivières et flaques d'eau, que l'on ne trouve qu'en basse altitude.
- la neige, que l'on fait fondre au réchaud. Inutile d'essayer des
procédés artisanaux tels que : "je mets de la neige dans une gourde,
je mets la gourde au soleil ou contre moi... ", ils ne produisent que
des quantités infimes d'eau, très inférieures à ce qui est vital...
- les ruissellements de fonte que l'on trouve sur les roches dès que la
température s'élève un peu.
Faire fondre de la neige prend du temps et consomme du gaz. Disons que la
production d'1 litre d'eau froide prend de l'ordre de 1/2 heure. Il faut vous
donc vous attendre à faire "tourner" les réchauds 3 ou 4 heures par
jour rien que pour la production d'eau. L'eau représente l'utilisation
largement majoritaire de vos cartouches de gaz. Pour cette raison, je considère
le gaz comme l'élément de survie n°1? S'il y a une chose sur laquelle il ne
faut pas lésiner, c'est là-dessus. Avec une recharge de bleuet, vous pouvez
faire boire chaud 4 personnes pendant 2 jours, ça vaut la peine d'en prendre
une de rab' pour au cas où.
Vu la difficulté de faire fondre la neige au réchaud, il est donc
conseillé de remplir les bouteilles aux ruissellements de fonte dès que vous
en croisez, cela peut justifier un détour... Mais cela ne sera pas toujours
possible, soit que vous soyez sur un itinéraire sans roche apparente, soit que
la température fige toute eau liquide.
Il faut donc anticiper l'après midi et le soir au campement : faire boire
tout le monde jusqu'à plus soif, faire fondre de la neige pour remplir toutes
les bouteilles disponibles, ne pas lésiner sur les tournées de thé le matin
au petit dej en n'utilisant pas pour ça les bouteilles remplies la veille mais
en refaisant fondre de la neige.
En principe la neige fraîche donne de l'eau parfaitement pure avec laquelle
il n'y a pas de problèmes de santé, hormis le fait qu'elle est totalement
déminéralisée. Il faut donc éviter d'en boire trop sans additif (elle n'est
d'ailleurs pas très appétissante au goût), y rajouter chaque fois que
possible du thé, un sachet de sels minéraux spéciaux, un sucre... vous la
rendra plus agréable et plus saine.
Evitez par contre la vieille neige, ou la glace de surface des glaciers. En
général elle est chargée d'impuretés, de fins débris minéraux, voire de
bactéries... qui peuvent la rendre impropre à la consommation et générer des
diarrhées ou des gastro de manière fulgurante. Rien de plus désagréable
lorsque l'on est confinés dans une tente et qu'il fait -15°C dehors avec des
vents qui soufflent à 80 km/h et vous gèlent les fesses et le reste en 20
secondes. Il existe cependant des pastilles d'hydrochlonazone qui permettent de
consommer à peu près n'importe quoi moyennant une heure d'attente pour que la
désinfection se fasse.
Evitez enfin de boire trop d'eau froide, qui finit par faire mal au ventre et
qui, curieusement, désaltère moins que du thé chaud.
Et l'alcool ? Il est établi depuis belle lurette que l'alcool n'a pas de
vertus réchauffantes. Il favorise la vasodilatation et donc la déperdition de
chaleur. La sensation momentanée de chaleur qui se fait sentir dans l'oesophage
ne correspond pas à une réalité physiologique.
Pas la peine de chercher de raisons objectives, donc. Autant avouer
franchement qu'en
montagne, l'intérêt de l'alcool, c'est le plaisir ! Sans compter qu'une
gorgée de vin avec un morceau de fromage, ça peut apporter beaucoup au moral !
Donner l'impression que l'on est dans des conditions ordinaires, que tout est
parfait. Une larme de rhum une fois installé dans le duvet, avant de prendre un
bon livre, quel bonheur, ça tient à peu de choses en fait ! Moi j'emmène
toujours un peu d'alcool.
Voir ici la liste
de matériel / nourriture en version excel. Lire aussi : "Soif"
|