Rêve éveillé

La montagne tranquille

La photo en haute-montagne

 

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Je ne suis pas un spécialiste de la photo, loin de là... Pourtant je n'imagine pas de partir là-haut sans appareil... Je ne sais pas bien pourquoi, j'ai le sentiment que les moments passés là-haut sont précieux, qu'il faut impérativement les fixer quelque part, pour me les remémorer à moi-même de loin en loin, et les montrer aussi. Il y a probablement là-dedans une dose de fierté... montrer ce qu'on a le "privilège" de vivre, épater la galerie. Ca n'est pas entièrement reluisant mais c'est comme ça.

Toujours est il que la photo en montagne ne va pas sans poser un certain nombre de questions. Voici quelques réflexions empilées au cours des ans et des expériences plus ou moins réussies.

Quel appareil emporter ?

La photo argentique

Pendant des années j'ai emporté un réflex avec 3 objectifs : grand angle, 50 mm et petit zoom. Ce matériel, s'il a l'avantage d'être adapté à toutes les situations, présente en montagne beaucoup d'inconvénients :

Il est évidemment lourd et encombrant. Il nécessite un sac à part, qui est lui-même enfoui dans le sac à dos lorsque l'on est dans des passages raides ou délicats. On ne le sort que lorsque l'on a le temps et une bonne occasion. On rate donc plein de choses par flemme ou impossibilité. Cette configuration me semble donc réservée à des balades spécialement organisées pour la prise de vue, avec arrêts fréquents, etc...

On peut toutefois simplifier un peu la configuration en utilisant un zoom (par exemple 35-70) qui n'oblige pas à changer en permanence d'objectif.

Les moins sourcilleux sur le matériel garderont alors l'appareil en bandoulière, dans un simple étui voire à l'air libre. Il est alors un peu plus facile de saisir des moments inopinés.

A la suite de cette période "grosse artillerie", j'ai utilisé un petit compact minox. Ce genre d'appareil d'excellente qualité optique tient dans la poche. Inconvénient : pas de zoom.

La photo numérique

L'appareil photo numérique permet aujourd'hui une nouvelle approche.

Les modèles compacts de base tiennent dans la poche, ont un zoom... Il sont à mon avis appropriés pour ce que j'attends d'eux : pouvoir, en pleine action, saisir un moment, une scène, une vue éphémère, même si l'on n'a pas le temps de faire de réglages. ... Je me revois en équilibre instable, saisir l'appareil d'une main dans la poche, le pointer grâce à l'écran, voire même au jugé, cliquer et le ranger, et découvrir plus tard que la photo est réussie. C'est réellement une nouveauté. Beaucoup de photos de ce site ont été pris avec un tel appareil.

La fonction "panorama" est vraiment intéressante, voire importante, en montagne, car les paysages sont souvent larges. Je vous conseille d'y réfléchir.

Les inconvénients sont toutefois nombreux :

  • les batteries se déchargent vite dans le froid (en prévoir plusieurs jeux)
  • en raid il faut avoir une bonne avance de carte mémoire car on ne peut pas la vider à tous les coins de rue. Ca coûte cher.
  • les APN sont plus fragiles que les argentiques. Aux chocs, à la poussière... Il faudra aussi savoir les ranger sous peine de déboires graves.

Le pied

Il n'est pas indispensable en montagne car les lumières sont souvent fortes, dès le petit matin ou les fins d'après midi. Son encombrement le fera donc délaisser, sauf pour les photographes qui veulent vraiment approfondir, prendre de la photo nocturne, etc... Mais la seule fois où j'en ai emmené un... il s'est détaché du sac le troisième jour sur une arête aérienne et a disparu dans le vide...

Quelles pellicules ?

Cette question ne se pose évidemment pas pour le numérique. En argentique, une sensibilité de 100 à 200 ASA permet de faire à peu près tout : la luminosité est toujours forte, même par temps de brouillard (due à l'altitude et à la neige), les hautes sensibilités ne sont donc pas nécessaires, avec du 100 ASA en journée vous aurez toujours des vitesses élevées. C'est d'ailleurs une bonne raison pour ne pas s'encombrer d'un pieds photo, qui ne sera utile que si vous souhaitez faire de la photo de nuit.

Diapos ou papier ? Du temps de l'argentique j'étais plus "diapos" car sur papier je ne retrouve pas la saturation des lumières. Le numérique ne me permet plus de me poser la question.  Les vidéoprojecteurs actuels redonnent cette lumière qui manque au papier.

La prise de vue

Ma modeste compétence ne me permet pas de dire grand chose sur le sujet. Tout au plus ais-je compris un ou deux trucs que je crois importants :

La photo, ça se travaille

Pendant longtemps j'ai pris des photos à la volée, en avançant, sans cadrer, sans travailler l'exposition... Sensible à la beauté du lieu ou du moment, je ne savais pas faire la différence entre l'aspect "anecdotique" d'une photo (ce que raconte la scène ou le paysage pris) et sa qualité graphique et artistique. Résultat : des années après, l'immense majorité de ces photos m'apparaissent fades, peu agréables à regarder. Ne reste justement que le souvenir de l'événement, qui n'intéresse que moi...

A part heureux hasard, pour faire une photo "belle" (j'emploie ce terme malgré sa dimension éminemment personnelle et relative), il faut... du temps. S'installer. Chercher. Essayer des cadrages, des sensibilités, des approches du sujet. Qu'est-ce qui me touche dans ce que je vois, et comment le rendre au mieux au travers de cette fenêtre si limitée par rapport à l'ensemble de mes sens...

Comment concilier cette exigence de temps, et celle... d'avancer, car généralement on est là pour ça avant tout ? Je n'ai pas de solution miracle. Mais si la photo est un objectif prioritaire de la balade, il faudra savoir trouver des solutions. S'arrêter parfois. Poser le camp très tôt et passer du temps ensuite. Pour les photos en pleine action, le photographe devra probablement se désolidariser un moment du groupe, s'éloigner, être un regard partiellement extérieur...

La surexposition sur la neige

En gros il faut savoir que sur la neige la cellule prend des UV plein la gueule et a tendance à fermer le fortement le diaphragme. Si le sujet central de la photo est précisément la neige, pas de problème. Par contre, tout ce qui n'est pas la neige (rocher, personnages, etc...) aura tendance à apparaît trop sombre. Il faut donc effectuer une correction. Cette correction se fait :

  • soit manuellement : on lit l'indication de diaphragme donnée par la cellule et on ouvre de 2 diaphragmes de plus. Autre solution manuelle : on vise le ciel bleu et on fait le réglage lumière dessus, puis on prend la photo. C'est un phénomène connu des pros, ils appellent ça je crois le "fonds de ciel", ou "gris". Ca repose sur le principe que ce fonds de ciel envoie la luminosité normale du soleil, non augmentée de la réverbération de la neige. La cellule prend alors en compte la bonne quantité de lumière. Ca marche.
  • soit automatiquement : beaucoup d'appareils ont une possibilité automatique dans leur menu pour surexposer d'un certain nombre de diaphragme. Sur les appareils photo numériques, il existe souvent un mode préprogrammé qui s'appelle par exemple "Personnage devant un paysage"... A vous de le découvrir.
 

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Dernière mise à jour : 29/10/07
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