Tout préparer pour la sécurité physique, mentale et morale de
l'enfant
Emmener un enfant en haute montagne est possible, malgré des
limites physiques et psychologiques
plus basses que celles d'un adulte.
Il faut simplement anticiper correctement les choses pour que l'enfant
n'approche pas de ces limites. Exercice
intéressant pour les alpinistes du Dimanche comme moi, qui ont tous souvenir, un
jour ou l'autre, d'avoir entraîné un groupe dans la galère : brouillard, froid,
itinéraire perdu, la tension qui monte, la peur qui commence à poindre son
nez... Avec un enfant, une telle situation de doit tout simplement pas
arriver. Pour ça, il faut tout revoir dans nos pratiques, dans nos exigences de
préparation comme dans le rythme de la balade.
Voici quelques conseils issus de la pratique :
Créer l'envie, la motivation
- Commencez par emmener l'enfant sur des balades courtes, non exposées,
mais motivantes. De belles pentes, utilisation de matériel spécialisé (crampons,
corde...) même si ce n'est pas indispensable (ça fait pro).
- Lors de ces "sorties-motivation", mettez tout en oeuvre pour que
l'enfant n'en tire que du plaisir. Départ seulement si conditions météo
excellentes. Pas de fatigue, pas de stress, si l'enfant commence à montrer
des signes de désintérêt ou de peur, peut-être faut il faire demi-tour.
- Commencez à regarder ensemble les cartes, des photos, répondez à ses
questions, demandez-lui ce qui l'attire le plus... rocher ? neige ? glace ?
camper ? A partir de ces éléments, élaborez la balade suivante.
- Pour vos balades, posez vous toujours la question : qu'est-ce qui peut
le (la) motiver à avancer ? un sommet ? une curiosité naturelle ? atteindre
la neige ? S'il y a une carotte, tout sera plus facile...
Imaginez une balade motivante
- Choisissez un itinéraire varié et diversifié. Evitez l'immense
versant de 1000 mètres sur lequel on passe 3 ou 4 heures devant la même vue,
à faire le même geste. Choisissez un itinéraire composé de sections bien
différentes : un court versant, une arête, passage d'un col, un talweg... la
surprise permanente de l'enfant sera une motivation supplémentaire.
- Une idée d'itinéraire d'initiation : un sommet de moyenne montagne au
printemps. La neige donne à n'importe quel sommet de 2500 m des allures
de grand des Alpes. Pâques offre de beaux moments de soleil... le tour est
joué.
Préparer une balade physiquement accessible
- Prévoir des étapes courtes. Cette notion dépend bien sûr de l'âge
et de la condition physique de l'enfant (consultez le
tableau récapitulatif). Pour un enfant de
10 ans, par exemple, le dénivelé ne
devrait pas excéder 1000 m en basse altitude et 500 m en haute altitude (à
partir de 3000 m). L'horizontale, pour un enfant peu chargé, n'est pas en
revanche très problématique. 10 km se feront sans problème.
- L'enfant doit être chargé au minimum. L'idéal : juste de quoi
boire et grignoter. Si vous partez plusieurs jours avec bivouac, le gros
volume d'affaire à emporter imposera de mettre un peu plus sur le dos de
l'enfant. Ne pas dépasser 3 ou 4 kilos (par exemple un duvet).
Blindez la sécurité
- Préparer un itinéraire peu engagé. Si le temps vire au mauvais,
si un petit problème survient, la redescente doit être rapide et facile. Pas
question de passer des heures dans le blizzard avec un enfant en terrain
technique. Il faut pouvoir regagner un terrain "sécurit" (sentier...) en 1 à
2 heures rapides. Et si vous aviez à le porter ?
- S'assurer de conditions météo appropriées. Je pense pouvoir
affirmer que les enfants craignent avant tout deux facteurs météo : le vent
froid, et la pluie. Un enfant glacé par le blizzard ou mouillé par la pluie
est souvent tétanisé par quelque chose qui ressemble à la peur de mourir !
La neige sans vent, le froid sans vent... sont beaucoup plus faciles à
supporter dans l'effort. Je vous déconseille donc totalement de partir si
les prévisions météo prévoient du vent ou de la pluie.
- En milieu exposé (glacier crevassé, rocher) je pense qu'il est
raisonnable d'être au minimum 2 adultes expérimentés pour un enfant.
Il doit être solidement encadré dans les passages techniques, pour sa
sécurité, et aussi pour son moral.
Equiper l'enfant correctement
-
Le matériel technique doit être en bon état, simple à utiliser,
sans nécessiter de bricoler. Les chaussures doivent être de vraies
chaussures de haute montagne, ça existe et ça se loue.
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L'équipement contre le froid doit être particulièrement
performant : bon duvet si bivouac, vêtement chaud de corps particulièrement
efficace (veste en plume...), bien plus chaud que pour un adulte. Il faut
impérativement une excellente capuche, des gants très chauds, et quelque
chose pour protéger le visage du vent : soit une capuche intégrale, soit un
passe montagne, et si possible une crème grasse.
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Dans un autre ordre d'idées : si vous bivouaquez, demandez à
l'enfant d'emmener de quoi se distraire dans les longs moments de
repos. De la lecture, un petit jeu...
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