Rêve éveillé

La montagne tranquille

12 février 2003 : le versant Miage

 

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12 février 2003

A vrai dire, Miage n'est pas un versant. J'emploie ce terme pour désigner l'ensemble constitué par le glacier de Tré-la-tête, les arêtes qui l'entourent, l'aiguille de Bionassay et le dôme du goûter. Il ne constitue pas à proprement parler un itinéraire habituel pour le Mont-Blanc. Les gens qui y circulent ont généralement pour objectif un sommet secondaire du sud du massif, voire la Bionassay, et poussent rarement jusqu'au sommet.


Le "versant" Miage vu depuis le sommet du Mont-Blanc

Ce versant est pourtant remarquable à plus d'un égard : il comporte beaucoup d'itinéraires faciles et beaux. Il permet de progresser doucement en altitude, donc de s'acclimater tranquillement tout en étant au calme. Je le trouve en effet, du moins jusqu'au dôme du goûter, sauvage et à l'écart du reste du massif. J'ai fait plusieurs années de suite des balades dans ce coin ayant pour objectif le sommet. Une affligeante malchance météo ne m'a pas permis d'atteindre le but fixé, mais je me suis peu à peu attaché a cette immense arête de Miage. Imaginez le projet : départ des Contamines, montée au Mont Tondu par le sud, puis redescente sur le glacier de Tré-la-tête, montée à l'aiguille de la Bérangèe, traversée des arêtes de Miage, montée à la Bionassay, et Mont-Blanc. Un itinéraire de plus de 20 km de long, dont 10 entre 3000 et 4000. Une ambiance s'installe durablement, des camps successifs égrenés le long de cette arête.

Les arêtes sont des lieux magiques, cela j'en suis sûr sans pourtant pouvoir l'argumenter. A mi chemin de la ligne et de la courbe, presque aussi aériennes que le pic, tout en laissant un espace de liberté pour aller et venir. Creuser une plateforme sous le sommet d'une arête effilée et y planter sa tente... pousser plus loin la trace le lendemain et recommencer plus loin et plus haut...

Le seul petit problème posé par ce magnifique versant est l'arête sud de l'aiguille de Bionassay. Sans être difficile, elle redresse sensiblement l'itinéraire dans des ressauts rocheux aériens, délicats à franchir lorsque l'on porte plus de 25 kilos. Quelques décimètres de neige fraîche par dessus tout ça et les difficultés deviennent réelles. Par trois fois dans le passé, j'ai buté sur ce ressaut pour cause de neige.


L'aiguille de Bionassay depuis les pentes du Dôme du goûter.
On y aperçoit, de profil, le ressaut rocheux (arête de gauche)

La solution serait évidemment de passer ce ressaut avec peu de poids sur le dos. Il ne dépasse guère 300 m de dénivelée, il faudrait le franchir en 2 fois, mais dans l'optique d'une ascension "himalayenne" cela se conçoit : un camp en bas du ressaut (vers 3600 ?), une première ascension pour faire le sommet, déposer du matériel au col situé entre la Bionassay et le Dôme du goûter (vers 3950 m je crois), redescente au camp, le lendemain nouvelle ascension avec le reste du matériel et installation d'un camp au col.

Si l'on estime que ce passage est franchissable dans ces conditions, le reste de l'itinéraire ne pose plus aucune difficulté, il reste juste à passer 2 ou 3 jours en dessous à s'amuser, 1 journée pour terminer l'acclimatation au dessus, et le tour est joué.

Une seule chose m'embête un peu : je suis venu très souvent sur ce versant ces dernières années, et je me demande s'il ne serait pas intéressant de changer un peu... Mais je suis tiraillé car il y a tellement de possibilités sympathiques ici !

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Dernière mise à jour : 29/10/07
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