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Je suis furieux. En colère contre moi-même. Triste. Découragé... Au fur et à mesure de la descente des pentes du Huayna Potosi, avec la baisse d'altitude, tout s'arrangeait rapidement. Le moral revenait. Les forces physiques semblaient à nouveau miraculeusement intactes. De retour à La Paz, nous voilà carrément en pleine forme, avec plus de pêche qu'au départ, sans doute. Ce renoncement sans batailler au moins un peu en devient incompréhensible et rageant. Les filles sont contentes : ce qu'elles ont vécu leur convient : beaux paysages, belle expérience... François, lui, est aux anges : après notre séparation, il est tranquillement monté jusqu'au sommet, qu'il a atteint relativement facilement. Il est redescendu sans problème. Ce matin, Virginie et lui sont repartis vers d'autres horizons, nous laissant tous les deux au soleil de la Paz. Encore une petite semaine avant notre départ vers la France. Les formalités sont à jour, passeports, billets, horaires... tout est prêt. Comment utiliser au mieux les quelques jours qui nous restent ? Sophie réfléchit, envisage de se promener un peu dans les alentours, propose des idées... de mon côté, je traîne la patte, je n'ai envie de rien, je suis amorphe... Je comprends peu à peu que je suis complètement habité par l'idée de retourner au Huayna Potosi, de ne pas rester sur cet échec... J'ai le sentiment qu'il y a encore le temps, que c'est encore possible, mais plus pour longtemps... Chaque heure qui passe rapproche l'échéance fatidique et augmente la tension intérieure que j'éprouve. N'y tenant plus, j'explique mon état à Sophie. A ma surprise, elle me propose de retourner en montagne. Je sais qu'elle n'en a pas spécialement envie... c'est un beau cadeau ! Mon sang ne fait qu'un tour. En quelques heures tout est à nouveau prêt. |
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