Rêve éveillé

La montagne tranquille

Deuxième journée : les séracs du Géant

 

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7h00 du mat', nous prenons pied sur le glacier et commençons à traverser en direction des séracs. Il fait enfin grand beau, le vrai grand beau que je n'ai plus connu dans ce massif depuis 5 ans maintenant. 

Tout roule assez bien, nous faisons même une pause au milieu de la chute de séracs, sur un replat situé sous le petit rognon, où nous avons une impression de sécurité relative. J'en profite pour explorer les alentours afin de dénicher le meilleur passage.

Le choix n'est pas facile, l'itinéraire "habituel" qui passe par le centre de la chute de séracs parait mouvementé, alors que vers le pieds du gros rognon, zone généralement déconseillée, ça semble passer... Nous choisissons cette option, ce que nous allons regretter rapidement. Nous voici bientôt dans une zone épouvantablement crevassée, et qui de surcroît fait entendre régulièrement des sinistres craquements qui mettent nos pôvres petits coeurs à l'épreuve. A chaque fois que le glacier pète, nous nous figeons et nos yeux affolés roulent de droite et de gauche pour tenter d'apercevoir le plus vite possible le coin de glace qui nous tombe dessus. Ce cas de figure ne se présente pourtant jamais, ce qui m'étonne toujours. Ca craque donc par en dessous, voilà...

Nous faisons plusieurs tentatives infructueuses pour forcer le passage, et nous décidons à redescendre chercher plus bas. Sur la route, nous devons procéder à quelques intéressants sauts de crevasses.

Il est bien évident que ce genre de saut n'est pas envisageable avec 25 kilos sur le dos, ce qui oblige à de fréquentes manips de treuillage de sacs.

 

Beaucoup de temps perdu donc durant cette redescente, avec un moral qui n'est plus certain que nous allons trouver le passage. Pilo suggère pourtant une dernière tentative vers la droite. Nous nous engageons dans une traversée entrecoupée de beaucoup de passages délicats. Chaque fois que l'un d'eux est franchi, on se dit "et s'il fallait faire demi-tour, est-ce que ça passerait ?". Alors on avance, on avance... et peu à peu le paysage devient moins tourmenté, les crevasses plus ordinaires...

Nous voici finalement sur le plateau neigeux, avec l'impression d'émerger d'une petite aventure.

Pilo en profite pour faire une photo de groupe, mais il ne sait pas se servir de son retardateur...

La progression est désormais facile. Nous montons tranquillement jusqu'à 3000 m d'altitude, installer notre premier camp sur un replat sous le gros rognon. Quel bonheur de profiter de notre première ambiance de nuit sous la tente, qui se transforme en un havre de chaleur au milieu de l'immensité hostile.


On consulte la carte avec délice, on refait le chemin de la journée, on anticipe celui du lendemain...

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Dernière mise à jour : 04/11/08
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