Rêve éveillé

Cévenne vivante

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La formalisation de la transhumance

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Il est presque certain qu'à l'époque de la mise en place des premières transhumances (probablement avec l'arrivée du mouton domestique en Languedoc, vers le VIIème millénaire), les Cévennes étaient vides d'hommes. Les troupeaux et leurs accompagnants avaient donc le champ libre pour passer où ils le souhaitaient, s'arrêter n'importe où... A cette époque, l'homme ne faisait que traverser les Cévennes, aucune trace permanente n'y a été trouvée à ce jour.

Aux environs de -3000, l'homme s'installe durablement dans les hautes Cévennes. Cette installation s'est d'ailleurs probablement faite en partie grâce à l'existence des drailles, itinéraires faciles et connus pour pénétrer la montagne par ailleurs peu pratique d'accès. A partir de cette époque, les troupeaux transhumants traversent donc des zones habitées, utilisées, exploitées. Rien n'est plus pareil. Ni les populations locales ni les transhumants n'ont intérêt à voir disparaître les autres car chacun a besoin de l'autre. Mais des conflits d'intérêt apparaissent probablement très vite : les moutons risquent de passer sur des cultures, viennent manger de l'herbe dédiée aux moutons locaux, etc...

Le passage de la transhumance a dû être formalisé et "contractualisé" : accueillir les troupeaux de la plaine restait concevable pour les éleveurs des montagnes, car la quantité d'herbages disponible sur les hauts plateaux dépassait de très loin les besoins des troupeaux locaux, mais sous certaines conditions. Il fallait bien sûr que les troupeaux ne débordent pas n'importe comment sur les terres cultivées ou enherbées, ceci dans les herbages d'été mais aussi sur le trajet, bien sûr, d'où la mise en place de zones de repos  bien définies dans lesquelles devaient s'arrêter les troupeaux. Il y avait une petite redevance à payer au propriétaire des lieux, soit sous forme financière, soit sous forme de fumure : les troupeaux étaient laissés une nuit sur un parcelle convenue d'avance, et les nombreuses crottes qu'ils y laissaient enrichissaient le sol pour de meilleurs cultures. Un paiement "en nature", en quelque sorte !

Plus tard encore, lorsque l'influence et le degré d'organisation des communes à pris de l'importance, que le repérage du sol s'est organisé (mise en place de compoix, cadastres), l'emprise au sol des drailles a été soigneusement notée et l'administration a toujours veillé à ce que ces tracés soient respectés et laissés libres...

Les drailles ont été régulièrement utilisées jusque dans le milieu du XXème siècle, et leur fréquentation a ensuite rapidement baissé. Aujourd'hui, seuls quelques troupeaux passent encore chaque année sur la draille de Margeride. Conséquence : les tracés ne sont plus entretenus et se dégradent, certaines portions sont grignotées par les pratiques agricoles et vont bientôt être totalement indécelables.

   

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Dernière mise à jour : 02/11/07
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