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La can de l'Hospitalet

Aven de Montgros

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Voir aussi l'itinéraire de balade "Les étranges grottes de la can"

L'aven de Montgros est pour moi un personnage majeur de la can de l'Hospitalet, pour plein de raisons. Il est d'abord situé au creux d'une vaste doline (un "ponor", comme disent les spécialistes) à la forme tarabiscotée, visible de loin dans les immenses prairies parfaitement planes et rases qui l'entourent. La doline est entretenue par l'agriculteur qui la fauche chaque année, ce qui en fait un petit endroit intime et chaleureux au fonds duquel on se sent bien quand le vent souffle sur la can.

L'ouverture de l'aven proprement dit est inquiétante, étroite et profonde, mais s'autorise un trait d'humour bien appréciable en laissant émerger de la gueule sombre un frêne qui semble se trouver très bien là...

L'histoire de sa formation, aussi, semble pleine de violence, bien qu'encore mal connue. Certains prétendent que l'aven s'est ouvert en 1875 à la suite d'une crue énorme, puis qu'au cours de l'hiver 1877 il y ait eu un effondrement plus vaste. Ailleurs (pcl p. 26) il est question d'un lac temporaire qui se serait créé en 1882, et dont le fond aurait cédé violemment, donnant naissance à l'aven...

Dans les années 50, le spéléo-club nîmois, persuadé que l'aven de Montgros est un regard direct sur le drainage souterrain de la can, décide de s'y pencher sérieusement. De nombreuses séances de désobstruction permettront de gagner quelques mètres mais ne donneront hélas jamais à Montgros les dimensions d'un grand.

Il a aussi une configuration particulière, en deux puits parallèles reliés entre eux par une galerie horizontale d'une dizaine de mètres de long. L'un des puits a été bouché (probablement par les agriculteurs ?) par un linteau de béton en une période sans doute déjà reculée (début du XXème ?), il s'est débouché naturellement en 2004.

Si on a le pied sûr, on peut descendre sans corde dans la première partie de l'aven, en suivant la pente naturelle de la profonde faille, côté nord. On arrive sur un sol caillouteux, probablement un colmatage de la faille par les sédiments tombés du plateau. Il est probable que la faille en question se prolongerait bien plus profondément si quelqu'un de courageux avait l'énergie de désobstruer tout ça...

 

C'est là que s'ouvre la courte galerie qui mène au second puit. Elle est facile à parcourir, presque sans lumière car on y distingue un soupçon de lueur du jour arrivant des deux côtés à la fois...

La galerie débouche à mi-hauteur d'une vaste faille dont le sommet émerge à l'air libre (le second puit). Le linteau béton est nettement visible à quelques mètres au dessus (et sur la photo ci-contre).

On ne peut pas aller plus loin sans matériel (et technique) spéléo. On peut tout juste se faire envie en se penchant : quelques mètres plus bas, la faille est partiellement barrée par un nouveau plancher de pierraille, mais on peut apercevoir une prolongation côté sud, sous forme d'un second puit.

Même les spéléos confirmés sont invités à être prudents car l'aven est en perpétuelle évolution : au début des années 80 il s'est subitement approfondi de plus 10 mètres et est resté instable car ce creusement s'est effectué au sein d'éboulis et de sédiments fragiles.

L'aven se termine par une petite galerie et un siphon, dans lequel ont été réalisés en 1982 et 1983 les traçages qui ont permis de comprendre un autre aspect passionnant de ce lieu : l'aven de Montgros est la pièce centrale de l'étrange diffluence qui le relie à Baume Dolente et Tartabissac.

Bref, tout ça fait de l'aven de Montgros un objectif de balade très prisé par la famille et les copains lorsque le dimanche après midi est avancé et qu'il faut se sortir un peu.

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Dernière mise à jour : 06/11/07
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