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Voici encore un lieu plein de souvenirs, où le réel et
l'imaginaire se côtoient sans qu'il soit toujours possible de faire
la part des choses. Autrefois portée sur les cartes IGN, la baume de
Giral n'y figure plus maintenant, et semble avoir déserté les
mémoires car en 2006 presque tous ignorent son existence. De fait,
elle est loin de tout, difficile d'accès, et presque totalement
enfouie sous la végétation. |
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Des ossements humains y ont été découverts au XIXème siècle et nourrissent la
légende.
Certains racontent qu'une assemblée protestante se serait tenue dans la
grotte mais aurait été dénoncée, ses participants
massacrés et abandonnés ou enterrés sur place. D'autres prétendent que les
participants à cette fameuse assemblée
auraient été emmurés vivants.
Ces interprétations ne m'étonnent pas : dans les environs, le légendaire
associé à l'histoire des protestants est si fort que tous les sites un peu forts
se doivent d'avoir, aux époques adéquates, accueilli des camisards !
Personnellement, je n'ai trouvé aucune trace écrite pour conforter l'une ou
l'autre de ces hypothèses. La seconde version semble encore plus difficile
à croire que la première car aucune trace de bâti n'est visible à l'entrée du porche, qui semble
d'ailleurs trop vaste pour être fermé facilement.
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Certains, dont je suis, pensent plutôt que la baume de Giral a servi de
sépulture vers la fin de l'époque préhistorique. Compte-tenu de l'époque à
laquelle l'homme s'est
installé dans cette région des Cévennes, et du contenu de plusieurs autres grottes
locales (comme la grotte des fées), il
est vraisemblable d'imaginer que ces corps datent de l'âge du fer...
mais tout cela serait à confirmer par les travaux d'archéologues
professionnels. Bref, de toute façon il y a probablement eu ici des humains à
diverses époques et pour diverses utilisations, et cela ne surprend
pas lorsque l'on découvre le site qui présente beaucoup de qualités.
On arrive par le haut de la falaise, en terrain découvert, et
pour s'enfoncer dans les profondeurs de l'ombre il faut dénicher une
faille, sur le côté gauche, au creux de laquelle des marches d'une
autre époque sont à peine visibles dans leur mimétisme minéral, mais
bien utiles pour descendre cette pente raide. |
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La falaise que l'on découvre là-dessous est curieusement tordue.
Vers la droite, un abri sous roche très massif semble vouloir
arracher la montagne et la précipiter dans le ravin. Le porche,
quand à lui, se découvre au dernier moment, malgré ses 7 mètres de
diamètres. Il nous regarde de son oeil rond et noir. |
| L'endroit n'est pas immense, mais aurait sans
problème pu permettre à quelques dizaines de personnes de se réunir
autour d'un prédicant, et en tout cas aurait constitué un gîte
confortable pour une famille de néolithiques. A côté de l'entrée
principale, deux petits diverticules permettent d'entrer et sortir
par des voies détournées, ce qui, j'imagine, constitue une sacré
sécurité dans certaines circonstances.
Seul problème pour l'occupation permanente : l'eau. Aucune source
à proximité. Seules quelques gouttes suintent du plafond par
endroits. |
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| L'eau n'a pourtant pas toujours manqué ici : tout au
fond, le porche se resserre à l'état de galerie, puis de boyau, qui
continue son cheminement dans le noir sans nous inviter. Des
formations calcaires (gours, cascade...) indiquent sans ambiguïté
que l'on est bien ici dans une "vraie" grotte, autrefois creusée par
une rivière souterraine de petite taille. Mais l'eau a depuis
longtemps déserté cette altitude pour s'enfoncer plus profond dans
la can de Tardonnenche... En 2006, un sondage effectué au fonds de
la grotte a permis de trouver, à 50 cm de profondeur, sous une
couche d'argile très humide elle-même recouverte d'une couche de
calcification, des tessons provenant d'au moins 3 bols ou vases
différents. Les caractéristiques techniques de la poterie font
penser à la fin de l'âge du bronze ou au début de l'âge du fer...
Preuve que la grotte a effectivement été utilisée à ces époques. Les
questions restent nombreuses pour comprendre de quelle type
d'utilisation il s'agit. Il serait en particulier intéressant de
savoir à quelle époque le fonds de la grotte s'est colmaté, et si
une prolongation importante fait suite à la galerie actuelle. La
calcification n'est pas forcément un indice de grande ancienneté,
car la vitesse à laquelle le calcaire se dépose peut atteindre des
vitesses fulgurantes dans certaines circonstances, jusqu'à 1 cm par
an semble-t-il ! |
Pour trouver la grotte
La grotte de Giral est située au dessous des hameaux de Ventajols et
la Borie, à 950 m d'altitude, à 100 mètres à l'est-sud-est de la cote 1041,
à environ 50 m en amont du confluent de deux
ruisseaux, au pied d'un ressaut calcaire qui est presque entièrement dissimulé
par les arbres.Autant dire tout de suite qu'elle est difficile à
trouver lorsque l'on ne bénéficie pas d'un guide qui la connaît
déjà.
Le meilleur accès pour l'atteindre suit une piste construite en
2005 qui monte de Ventajols à la can de Tardonnenche. Vers 970
mètres d'altitude, une piste secondaire part sur la droite en
direction du nord. La suivre 2 à 300 mètres. Essayer de repérer, en
contrebas de la piste, un merisier. La grotte est dessous. |

Cliquer sur la carte pour l'agrandir |
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De la piste, voici la pente qu'il faut descendre pour atteindre
la grotte, à quelques dizaines de mètres de là. On voit le sommet du
merisier derrière le personnage en rouge. |
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