| La troupe arrive au rendez-vous sur la
can, en un lieu qui n'est pas connu avec précision mais que la
tradition orale a placé près du hameau de l'Hospitalet, dans un
chaos rocheux au coeur d'un petit bois de hêtre. Il y a là, autour
de Vivent et Brousson, tous les principaux meneurs du mouvement de
révolte protestant : Mazel, Lapierre, Laporte, Couderc, Gazan...
Toute la soirée, des protestants en arme continuent de grossir la
troupe, jusqu'à être enfin une centaine. On peut comprendre qu'un
tel rassemblement ait pu engendrer une atmosphère très particulière,
propice à croire à une victoire totale et rapide sur l'oppression si
l'on allait à l'affrontement immédiat. Face à cette excitation, la
tradition raconte que Brousson et Vivens n'ont pas la même position. Brousson
est un inconditionnel partisan de la lutte non violente et
Vivens plus apte à aller à l'affrontement armé. Mais cette fois-ci,
même Vivens désapprouve ce mouvement trop impulsif. Ses projets
auraient en effet été d'organiser un grand rassemblement 8 jours
plus tard au lieu-dit "le fau des armes", sur le Mont Lozère, où
l'arrivée de renforts venus du Vivarais aurait permis une action
beaucoup plus importante. Les deux prédicants essayent donc de calmer
tout le monde en leurs
recommandant de mieux s'organiser.
L'assemblée se termine au petit matin du 24 septembre, sans donc
qu'aucune action importante ne se soit déroulée ni décidée.
Les suites de l'assemblée
Les heures et les jours suivant l'assemblée sont confus. Les
participants se dispersent dans la campagne, et plusieurs petits
groupes séparés qui vont vivre des aventures non concertées et
parfois malheureuses.
Tout d'abord, quatre compagnies de milices royales, informées du rassemblement,
arrêtent environ 40 personnes. Brousson, Vivent et 24 hommes, qui ne sont
encore qu'à un quart de lieu de là, sont alertés. Ils organisent
immédiatement deux pelotons, vont à la rencontre des milices, et
délivrent les prisonniers sans violence (il semblerait que
l'officier de la milice n'ait guère eu envie de faire le coup de feu
pour conserver les prisonniers). Cette action de guerre
victorieuse, malgré sa facilité, relance Vivens dans ses vélléïtés
d'en découdre plus avant. Il entraîne avec lui les plus motivés des
hommes. De manière étonnante, Brousson suit le mouvement, tout en
continuant à prêcher la non violence. Ils sont environ 63, et
restent toute la journée entre le Pompidou et Molezon. Le soir ils
montent sur la can de Terre Rouge, continuent sur Ferrière,
descendent sur la Salle Prunet où ils arrivent la matinée du 25.
Le 26, Vivens apprend que David Quet avait réuni 83 hommes en armes.
Il fait proposer à Quet de conduire ses hommes vers la Baume Dolente
pour que les deux groupes puissent s'y regrouper. Hélas, Manuel, le
messager, connaît beaucoup de déboires durant sa mission : il peut à
verse, il est arrêté par l'intendant Basville qui arrive avec 1700
hommes de renfort. Il est finalement relâché mais découvre à La
Rouvière que l'équipe de David Quet n'est forte que de 12 personnes
au lieu des 83 attendues. Finalement il n'arrive pas à les mener à
la Baume Dolente car la rivière est en crue ! Pendant ce temps,
Vivens et son équipent vont se cacher sur le versant nord du Bougès,
près de Rampon, car ils ont appris l'arrivée des renforts de
Basville. Le 27, la bande descend tout doucement la vallée du Tarn
en passant à Salièges, Bédouès. Vers 10 heures du soir du soir ils
arrivent au Pont de Barre, à l'entrée de Florac. Une altercation s'engage avec la petite troupe présente à
cet endroit. Les soldats prennent peur, fuient et répandent la nouvelle que 4000
personnes marchent sur Florac. La ville se croit perdue, crie, fait sonner les
cloches, donnant une impression de grand remue ménage qui fait peur à Vivent.
Peut-être sous l'influence pacificatrice de Brousson, les révolutionnaires tournent les talons
alors que la ville aurait pu être prise. Il semble qu'ils se soient
dispersés à ce moment. Vivens monte à la
baume dolente à la rencontre
de Quet et son équipe qu'il s'attend à y trouver, mais ils ne trouve
personne, et pour cause. D'après
ppc, p. 331 Autre information que j'ai trouvée mais qui ne
semble pas cadrer avec le reste : jjuste après la fin de l'assemblée
de l'Hospitalet, une
partie du groupe reste rassemblé et circule sur la can et aux alentours. Il se
met à pleuvoir très fort, et certains cherchent la baume dolente
pour s'y abriter, sans la trouver. Peut-être est-ce uen confusion
avec l'équipe de Quet ? Cette
assemblée semble aujourd'hui être considérée comme l'une des assemblées
fondatrices du mouvement... Une stèle a d'ailleurs été apposée sur un rocher de
l'Hospitalet. |