Bonjour

Cette page n'est plus actualisée depuis juillet 2008 car le site "Can de l'Hospitalet" a déménagé. Sa version actuelle, modernisée et complétée, se trouve maintenant à l'adresse suivante :

www.reveeveille.net/candelhospitalet

A tout de suite :

Marc

Rêve éveillé > Cévenne, Cévennes...

La can de l'Hospitalet

Le castellas

Remonter Menu Le territoire L'histoire Grottes Routes Lieux-dits Vestiges Sources
Les grallators • Le château • Grotte des dinosaures • Un étrange palet blanc • René Allio

Précédente Suivante

Le castelas de Saint Laurent est ce vaste éperon rocheux, plat sur son sommet, au sud et à l'est duquel sont disposées une partie des maisons du village actuel. Il domine l'ensemble de la vallée du Tarnon, et est situé sur un itinéraire de tous temps très utilisé pour le transit entre l'Auvergne et le Languedoc.


Le castelas de Saint Laurent de Trèves, vu de la quille. Au fonds, le causse Méjean

Tous ceux qui y font ne serait-ce qu'un petit tour pourront constater que c'est un site "fort", et comme tous les sites forts il a été occupé à diverses époques... et pas seulement par homo sapiens ! Il y a eu les dinosaures, puis un lieu de culte gallo-romain, puis un château médiéval, puis... plus rien. Aujourd'hui, il y a le site touristique lié aux traces de dinosaures.

Les dinosaures

Les premiers utilisateurs connus du lieu sont des dinosaures (les "grallators") dont on peut voir les traces sur le plateau. On est un peu en dehors du sujet car à l'époque le castelas ne ressemblait pas à ce qu'il est aujourd'hui : il n'était qu'une petite partie d'un vaste rivage entourant une mer peu profonde. Mais on y est quand même, car ces fameuses traces ont peut-être contribué à renforcer la singularité du site aux yeux de ses utilisateurs successifs... même si elles ont probablement longtemps été mal interprétées : on les prenait, jusque dans les années 50, pour des fleurs de lys gravées dans la roche autour du château médiéval.

Il faut attendre 1935 pour rencontrer la première mention de l'existence de traces de dinosaures à Saint Laurent de Trèves. Un certain Mr. Monod a publié dans la revue du Club Cévenol de cette année des photos montrant des gens en train de mouler les empreintes avec une légende explicite : "Moulage de traces de dinosaures". Mais ce ne sera que durant les années 50 pour que la nature des empreintes sera officiellement reconnue par les scientifiques et que, surtout, les habitants de Saint Laurent et des environs commenceront à accepter cet état de fait. En ce début de XXIème siècle, il m'arrive de croiser des anciens qui disent "Des traces de dinosaures ? C'est ce qu'on dit, oui. Mais moi, j'y ai jamais cru !"

Le castelas est aujourd'hui occupé par un sentier de découverte présentant les dinosaures.

L'époque gallo-romaine

Dès cette époque, un groupe de maisons a probablement existé sur le castellas, à l'abri du vent du nord sur le versant exposé au midi, car on y trouve des débris de céramiques (slt, p.3).

Une petite grotte, située au pied de la barre rocheuse du versant sud, a probablement été utilisée à cette époque (avec difficulté, suggère Camille Hugues, ce que l'on admet volontiers vu sa petite ouverture). J'y ai trouvé des fragments de pots de diverses époques.

En 1802, Mr. Bancilhon, notaire à Saint Laurent, découvre sur le castelas une citerne dépendant du château. En la fouillant, il trouve une pierre gravée, qui se révèle être un autel votif datant de l'époque gallo-romaine.

L'objet mesure 50 cm de hauteur sur 28 cm de largeur et 32 cm aux corniches. On y lit l'inscription suivante :

MA(rti). TRIT

VLLO

CONS

ACRANI

V(otum) S(olvit) L(ibenter) M(erito)

D. fabrié traduit ainsi cette inscription : "A mars Tritullus, les membres de la confrérie avec reconnaissance en accomplissement de leurs voeux". (La Lozère, de la préhistoire à nos jours, P. 82). Cet autel aurait donc été dédié à Mars Tritullus, dieu de la guerre, et protecteur du pays. Le site du Castellas a vraisemblablement abrité un lieu de culte gallo-romain.

Au même endroit, il fut également trouvé une table de marbre blanc de 0,68 m de côté sur 0,10 m d'épaisseur. Plus tard, Bancilhon, en faisant défricher le terrain, découvrit un grand nombre de tombeaux en ardoise (un seul était construit en brique). La taille de ce cimetière semble montrer que la population a laquelle il a servi était plus importante que celle du Saint Laurent du XIXème siècle !

Signalons aussi que des fragments de sculptures paraissant provenir d'un monument gallo-romain ont été remarqués près de la route.

A 500 mètres au sud-est du castelas, tout le versant qui est au nord de la route est constellé de carrières d'importances variables, dont certaines sembles anciennes. Un large replat parfaitement horizontal court sous le faîte de la colline, au sud-ouest de la "quille". Protégé du vent du nord, exposé plein sur, confortable, à proximité d'une source... ce lieu semble parfait pour avoir lui aussi accueilli des installations.... A approfondir !

Le Vème siècle

A la suite de la découvert de l'autel, de la table de marbre et des sépultures, et après avoir étudié le texte écrit par Sidoine Appolinaire ("Propempticon ad libellum") qu'il adresse à son ami Tonance Féréol, Mr Bancilhon et plusieurs historiens voient en Saint Laurent de Trèves le village natal de Tonance Féréol, préfet des Gaules au Vème siècle et considéré comme la souche des rois mérovingiens et le grand-père de Saint Firmin.

Saint Laurent de Trèves serait alors le Trévidon dont parle Sidoine Appolinaire dans son épitre, maison de campagne ou Tonance Féréol se serait retiré avec ses parents pour ne pas tomber sous le joug des wisigoths devenus les maîtres du Languedoc. Cependant, d'autres historiens situent Trévidon à Trèves, dans le Gard, près du Vigan, au pied du massif de l'Aigoual.

A l'époque médiévale s'installe et meurt un château.

En 1364, la peste noire fait comme partout des ravages et ne laisse subsister que 13 feux sur la commune de Saint Laurent.

Deux objet étonnants trouvé sur le castellas : d'abord ce tube creux en terre cuite, dont la forme bizarroïde me laisse rêveur... Qui a une idée ?

Et puis un drôle de palet blanc, qui, renseignements pris, a une histoire, et prouve que le castelas continue à être cher dans le coeur de ceux qui ont quitté la région après avoir vécu ici...

 

Précédente Suivante


Si ce site vous a été utile...
Dernière mise à jour : 06/11/07
Me contacter. Aller voir ma page perso. A propos de "Rêve éveillé"