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Le castelas de Saint Laurent est ce vaste éperon rocheux, plat sur son
sommet, au sud et à l'est duquel sont disposées une partie des maisons du village
actuel. Il
domine l'ensemble de la vallée du Tarnon, et est situé sur un itinéraire de tous
temps très utilisé pour le transit entre l'Auvergne et le Languedoc.

Le castelas de Saint Laurent de Trèves, vu de la quille. Au
fonds, le causse Méjean
Tous ceux qui y font ne serait-ce qu'un petit tour pourront constater que c'est un site "fort", et comme tous les sites forts il a été occupé à
diverses époques... et pas seulement par homo sapiens ! Il y a eu les dinosaures, puis un
lieu de culte gallo-romain, puis un
château médiéval, puis... plus rien. Aujourd'hui, il y
a le site touristique lié aux traces de
dinosaures.
Les premiers utilisateurs connus du lieu sont des dinosaures (les "grallators") dont on peut
voir les traces sur le plateau. On est un peu en dehors du sujet car à l'époque
le castelas ne ressemblait pas à ce qu'il est aujourd'hui : il n'était qu'une
petite partie d'un vaste rivage entourant une mer peu profonde. Mais on y est
quand même, car ces fameuses traces ont peut-être contribué à renforcer la
singularité du site aux yeux de ses utilisateurs successifs... même si elles ont
probablement longtemps été mal interprétées : on les prenait, jusque dans les
années 50, pour des fleurs de lys gravées dans la roche autour du château
médiéval.
Il faut attendre 1935 pour rencontrer la première mention de l'existence de traces de dinosaures à Saint Laurent de
Trèves. Un certain Mr. Monod a publié dans la revue du Club Cévenol de
cette année des photos montrant des gens en train de mouler les empreintes
avec une légende explicite : "Moulage de
traces de dinosaures". Mais ce ne sera que durant les années 50 pour que la
nature des empreintes sera officiellement reconnue par les scientifiques et que,
surtout, les habitants de Saint Laurent et des environs commenceront à accepter
cet état de fait. En ce début de XXIème siècle, il m'arrive de croiser des
anciens qui disent "Des traces de dinosaures ? C'est ce qu'on dit, oui. Mais
moi, j'y ai jamais cru !"
Le castelas est aujourd'hui occupé par un sentier de
découverte présentant les dinosaures.
Dès cette époque, un groupe de maisons a probablement existé sur le castellas, à l'abri du
vent du nord sur le versant exposé au midi, car on y trouve des débris de
céramiques (slt,
p.3).
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Une
petite grotte, située au pied de la barre
rocheuse du versant sud, a probablement été utilisée à cette époque
(avec difficulté, suggère Camille Hugues, ce que l'on admet
volontiers vu sa petite ouverture). J'y ai trouvé des fragments de
pots de diverses époques. |
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En 1802, Mr. Bancilhon,
notaire à Saint Laurent, découvre sur le castelas une citerne
dépendant du château. En la fouillant, il trouve une pierre gravée, qui se
révèle être un autel votif datant de l'époque gallo-romaine. |
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L'objet mesure 50 cm de hauteur sur 28 cm de largeur et 32 cm
aux corniches. On y lit l'inscription suivante :
MA(rti). TRIT
VLLO
CONS
ACRANI
V(otum) S(olvit) L(ibenter)
M(erito)
D. fabrié traduit ainsi cette inscription : "A mars Tritullus, les membres de
la confrérie avec reconnaissance en accomplissement de leurs voeux".
(La
Lozère, de la préhistoire à nos jours, P. 82). Cet autel aurait
donc été dédié à Mars Tritullus, dieu de la guerre, et protecteur du
pays. Le site du Castellas a vraisemblablement abrité un lieu de
culte gallo-romain. |
Au même endroit, il fut également trouvé une table de marbre blanc
de 0,68 m de côté sur 0,10 m d'épaisseur. Plus tard, Bancilhon, en
faisant défricher le terrain, découvrit un grand nombre de tombeaux
en ardoise (un seul était construit en brique). La taille de ce
cimetière semble montrer que la population a laquelle il a servi
était plus importante que celle du Saint Laurent du XIXème siècle !
Signalons aussi que des fragments de sculptures paraissant
provenir d'un monument gallo-romain ont été remarqués près de la route.
A 500 mètres au sud-est du castelas, tout le versant qui est au nord de la
route est constellé de carrières d'importances variables, dont certaines
sembles anciennes. Un large replat parfaitement horizontal court sous le
faîte de la colline, au sud-ouest de la "quille". Protégé du vent du nord,
exposé plein sur, confortable, à proximité d'une source... ce lieu semble
parfait pour avoir lui aussi accueilli des installations.... A approfondir ! Le Vème siècle
A la suite de la découvert de l'autel, de la table de marbre et des
sépultures, et après avoir étudié le texte écrit par
Sidoine Appolinaire ("Propempticon ad libellum") qu'il adresse à son ami Tonance Féréol, Mr Bancilhon et plusieurs historiens voient en Saint Laurent de Trèves
le village natal de Tonance Féréol, préfet des Gaules au Vème siècle et
considéré comme la souche des rois mérovingiens et le grand-père de Saint
Firmin.
Saint Laurent de Trèves serait alors le Trévidon dont parle Sidoine
Appolinaire dans son épitre, maison de campagne ou Tonance Féréol se serait
retiré avec ses parents pour ne pas tomber sous le joug des wisigoths devenus
les maîtres du Languedoc. Cependant, d'autres historiens situent Trévidon à Trèves, dans le Gard, près
du Vigan, au pied du massif de l'Aigoual.
A l'époque médiévale s'installe et meurt un château.
En 1364, la peste noire fait comme partout des ravages et ne laisse subsister
que 13 feux sur la commune de Saint Laurent.
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Deux objet étonnants trouvé sur le castellas : d'abord ce tube creux en terre
cuite, dont la forme bizarroïde me laisse rêveur... Qui a une idée ? Et puis
un drôle de palet blanc, qui, renseignements pris, a une
histoire, et prouve que le castelas continue à être cher dans le coeur de ceux
qui ont quitté la région après avoir vécu ici... |
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