
A 400 mètres à l'est de l'Hospitalet et
200 mètres sous le point côté 1045, à l'endroit même ou le plateau
s'incurve pour plonger vers la vallée française, on peut voir un
bourrelet de forme arrondie, d'environ 5 mètres de diamètre sur 1
mètre de hauteur. Il n'en reste pas grand chose, et
l'herbe qui a recouvert les pierres adoucit encore les dernières
formes qui subsistent. Difficile donc de savoir à quoi l'on a
affaire : abri de berger ? Tumulus écroulé en son centre ?
Pigeonnier ? Trop loin du hameau...
Alors l'imagination démarre. Quelque chose ici fait penser aux
ruines du château de
Terre rouge. Pourquoi pas une tour de surveillance, avant poste
du château, en relation avec l'Hospitalet qui, aux dires de
certains, aurait été la composante "accueil" du château.
Hélas, ou tant mieux, la réponse arrive un jour, par
l'intermédiaire de Didier, agriculteur non loin d'ici. C'est un four
à chaux. On montait une paroi circulaire de pierre, et on jetait
dedans des grandes quantités de bois et de calcaire. On allumait, ça
brûlait pendant 3 à 4 jours, et lorsque tout ça refroidissait, il
restait une poudre blanche : la chaux, qui avait gagné dans
l"opération la capacité à former un mortier adhérent avec adjonction
d'eau. Ce genre de fours est difficile à date, mais il est probable
qu'il a servi sur un laps de temps relativement long : plusieurs
décennies, voire plusieurs siècles. Les dernières utilisations
peuvent remonter au XIXème siècle ou au début du XXème, peut-être.
Les hommes de toutes époques étant toujours partisans du moindre
effort, la localisation de ce four en cet endroit étonnant peut
signifier 3 choses : soit il y avait à proximité une source de
calcaire appropriée, soit il y avait à proximité beaucoup de bois,
soit la chaux produite devait être utilisée pas loin... On peut
imaginer sans trop de risque de se tromper que ce four servait aux
constructions liées au site de l'Hospitalet relativement proche. On
sait aussi que malgré la déforestation presque totale de la can à
partir du début de notre ère, les environs de l'Hospitalet sont
restés emboisés en hêtre. Reste à imaginer d'ou venait la matière
première...
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