| Les clapas sont des tas de pierres entassées par les
paysans pour débarrasser de leurs cailloux les terrain environnants
(en occitan, clap signifie "pierre, caillou"). Cela permet
d'améliorer la qualité agricole des sols très pierreux en augmentant
le pourcentage de surface utile, et par conséquent de pratiquer une
agriculture un peu plus intensive. cette pratique était en général
réservée aux zones de cultures céréalières.
Il est difficile de dater avec précision les clapas, car le travail qui a mené à
leur apparition s'est probablement étalé sur plusieurs génération,
sans doute plusieurs dizaines voire plusieurs centaines. En effet, les agriculteurs d'aujourd'hui
le savent bien : "quand y en a plus y en a encore" : une fois le
terrain nettoyé une première fois, les pierres "remontent" dès la saison
suivante, en quantités certes plus faibles mais bien réelles ! Ce
phénomène s'explique tout simplement par le fait que la roche
sous-jacente, couverte par la terre végétale, continue à se
dégrader, à se briser, à se fractionner, donnant naissance en
permanence à une grande quantité de débris de toutes tailles. Les
plus fins s'incorporent à la matière organique pour constituer le
sol, et les plus gros remontent effectivement à la surface par un
phénomène physique bien identifié.

Un beau clapas sur la can de Balazuègnes La
vie d'un clapas témoigne donc de la vie
agricole d'un pays : ils naissent, tout petits, lors des
premières utilisations intensives des sols, puis grandissent au
rythme des remontées de pierres et des besoins d'amélioration... Peut-être ce travail se
faisait-il durant les moments perdus, en surveillant le troupeau, ou
de manière collective et organisée, en gigantesques chantiers
rassemblant tout le village ou la tribu pour dépierrer rapidement
une zone prédéterminée...
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Les clapas anciens, c'est à dire érigés à la main, sont toujours
nus. Dans les dernières décennies, la mécanisation des pratiques
agricoles a permis aux paysans d'utiliser des engins (bulldozers)
pour agrandir leur surface agricole en nettoyant plus rapidement des
nouveaux terrains. Mais ces machines grossières grattent une
partie de la terre qui se retrouvent mélangée aux pierres,
permettant à la végétation (de l'herbe et des broussailles, dans un
premier temps) de pousser sur ces clapas de nouvelle génération. |
| Sur la can, la densité et la taille des clapas
varie considérablement d'un endroit à l'autre. Les fonds de dolines,
aux sols épais, en sont quasiment dépourvus (comme par exemple la plaine de
Montgros),
ainsi que certaines croupes aux sols tellement rachitiques ou
inexistants que les agriculteurs n'ont même pas jugé utile d'essayer
de les améliorer.
Détail d'un clapas au couchant,
can d'Artigues |
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Un clapas sur la can de Saint Laurent, tellement
énorme que la clôture de l'agriculteur n'a pas pu l'éviter. Elle
l'escalade puis en redescend de l'autre côté...
Assez souvent, les clapas sont des lieux qui
intéressent les géologues, les archéologues ou les paléontologues
car ils offrent
l'avantage de condenser en un lieu de taille restreinte des cailloux
provenant d'une zone géographique large, et surtout cumulant
plusieurs décennies, siècles ou millénaires de pierres entassées.
Ils constituent donc un résumé du lieu au travers du temps. Dans les
clapas de la can, on peut trouver une grande diversité de roches,
comme diverses sortes de calcaires, des grès, des chailles... Mais
également assez souvent des
fossiles de diverses sortes, et parfois des débris d'objets humains (tessons, tuiles...).
Dans le meilleur des cas certains clapas peuvent être eux même des
objets archéologiques : ce ne sont alors pas des clapas mais des
tumuli (tombes de l'âge du fer) ou des
vestiges de murs de pierre sèche de la même époque, comme au cap
barré du
Causset.

Un clapas à parements, pour occuper une emprise au
sol plus réduite... (bordure du causse Méjean)
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Sur un clapas il fait bon profiter du soleil dont la
chaleur, renvoyée par la roche, permet de s'attarder par des fins de
journées d'automne, et d'étudier à loisir en rêvassant toutes les
merveilles qu'il recèle.Sur la can
Voici quelques lieux où voir des clapas particulièrement
intéressants :
- La plus grande concentration de clapas est à ma connaissance atteinte sur la
can d'Artigue
: ils occupent près de la moitié de la surface du sol !
- Sur la
côte
1034 de la can de Saint Laurent de Trèves, les clapas ont
été érigés sur des affleurement rocheux appelés "lapiaz", leur
donnant des formes étonnantes et évocatrices...
- Vous trouverez des clapas à fossiles en de nombreux
endroits, comme par exemple sur la can de Balazuègne, aux
environs de la bergerie située à environs 300 mètres au sud du
point côté 982.
- Clapas à tuiles gallo-romaines dans les alentours du
tumulus du
col de
vache.
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