| Les menhirs sont des pierres artificiellement
dressées, probablement à des fins symboliques ou cultuelles. Ils
peuvent être constitués du même matériau que la roche à l'endroit où
il est érigé, ou être amenés d'ailleurs, et dans ce cas d'une autre
roche, parfois fort lointaine. Mais il est probable que le matériau est sélectionné pour son
grain, sa sonorité, sa brillance... La taille des menhirs est très
variable selon les régions. En Bretagne les plus grands dépassent 10
mètres. En Lozère 4 mètres font déjà un beau menhir, quant à ceux de
la can, il sont pour la plupart inférieurs à 2 mètres. Beaucoup de
menhirs lozériens ont souvent été volontairement ou involontairement renversés, car ils furent mis en terre à faible profondeur,
probablement à cause de la nature caillouteuse du sol. Mais dans les dernières
années, plusieurs ont été redressés. La difficulté d'ériger des menhirs
(extraction, mise en forme, halage, mise en place) indique selon
toute probabilité une forte motivation de la part des individus qui
ont pris en charge cette mission. Cela suppose en particulier
de la réflexion, avec programmation d'une suite d'opérations et de
techniques à maîtriser selon un plan rigoureux. Seul un groupe
suffisamment structuré, organisé et discipliné pouvait concevoir et
réaliser ce tour de force.
La can accueille un nombre relativement
restreint de menhirs de petite taille, comparés aux autres sites
lozériens. Bien qu'ils soient impossibles à dater avec précision, on
estime qu'ils ont été érigés par les mêmes groupes humains que ceux
qui ont construit les dolmens, à savoir,
pour le territoire qui nous intéresse, le groupe des Treilles, entre
-3000 et - 2000.
Sur la can de l'Hospitalet
Voici quelques menhirs particulièrement caractéristiques sur la can de l'Hospitalet
ou aux alentours :
- Trois menhirs debout au nord-ouest de la ferme des Crottes (cote
1050) sur la Can, dans la commune de Bassurels
- Au sommet de la côte qui monte du Pompidou, se dresse le menhir du
Bout-de-la-côte. Cette pierre, en partie retaillée sur une face, a été réutilisée en
montjoie.
- Au col de Solpérière, un menhir de 2m42 a lui aussi été retaillé à une
période inconnue, peut-être pour servir de Montjoie.
- Le menhir couché du Rey (commune de Saint-Laurent-de-Trèves), à 800 m au nord de la ferme,
au pied de la côte
1034, était long de 2,42 m. Visible de la draille, et proche de deux tumulus
(servait-il à en indiquer la présence ?). Il a été volé dans les années 70.
- Entre le col du Rey et le col de Vache (pas encore trouvé !)
- A Peyreficade, à quelques centaines de mètres au sud de
Peyre-Agude, qui constitue la pointe sud ouest de la can de l'Hospitalet,
sur la crête qui part vers le mont Aigoual.
Attention, toutes les
pierres plantées visibles sur la can ne sont pas des menhirs ! Le long de la route actuelle, on
aperçoit de loin en loin des Montjoies, pierres plantées au XIXème siècle pour
guider les voyageurs par temps de tourmente.
(mch,
p.2)
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