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Marc

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La can de l'Hospitalet

Petits débris humains

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Par "débris humains" j'entends toute sorte de petits objets ou morceaux d'objets laissés au sol par l'activité humaine. La can en est constellée. Il est étonnant de constater que ces débris peuvent se trouver partout : à proximité d'un site identifié comme ayant accueilli une installation humaine temporaire ou permanente, mais aussi... au milieu de nulle part, témoignant qu'à un moment ou un autre, des hommes ont posé leur cul en presque tous les endroits du plateau pour y bricoler quelque chose ou faire un peu de cuisine (en cassant son pot !). Voici les principaux types de débris que l'on peut trouver :

Les tessons de poteries

La céramique est une invention du néolithique. Elle est d'abord relativement frustre, montée selon la technique du colombin par superposition de boudins d'argile et régularisation (lissage extérieur et intérieur de la paroi du vase). La cuisson se fait au sol, dans un creux recouvert de branchages et de terre. Chaque groupe produit des propres céramiques dont les formes et les décors témoigneront désormais, pour les archéologues, de l'appartenance à des influences culturelles et à des groupes sociaux bien définis. (avh, p. 27)

Il faut attendre le premier siècle après JC pour que le tour de poterie se généralise dans la région. Mais dès le premier siècle avant JC, des poteries tournées ont été importées.

On trouve des tessons de poteries en de nombreux sites de la can. Toutes les époques sont représentées, depuis le néolithique (rien du paléolithique, voir "Les premiers hommes") jusqu'à l'époque moderne en passant par l'époque gallo-romaine et le moyen-âge.

Les pierres taillées.

Elles sont rares sur la can, pour deux raisons principales :

  • L'homme a été totalement absent de la can durant une grande partie de la pleine époque de la pierre taillée. Sur la fin de cette période, il a commencé à y passer furtivement avant, enfin, de s'y installer réellement (vers -3000). Or c'est dès cette époque que des outils plus performants ont commencé à être fabriqués en métal, et que les outils de pierre ont perdu de leur intérêt. On pourrait donc presque dire que l'homme s'est installé sur la can avec des outils de fer.
  • Autre facteur limitant : la matière première. Le silex n'existe ni sur la can ni sur les grands causses voisins. Il doit être importé de loin (exemple, sur l'Aigoual, de silex importés du Grand-Pressigny en Indre et Loire). Les hommes de l'époque l'utilisent donc très peu, et travaillent tant bien que mal la "chaille", sorte de rognon siliceux que l'on trouve dans les calcaires locaux, produisant des outils fragiles et de mauvaise qualité.

Il ne se trouve donc sur la can que quelques pierres taillées éparses (débris de chaille, galets de quarz brisés), en tout cas je n'ai entendu parler d'aucun "gisement" comme il en existe sur les causses par exemple.

Les scories

La can est relativement riche en fer. On le trouve principalement dans les couches de calcaires à chailles, sous la forme de limonite ou d'hématites, nodules sombres, lourds et aux formes arrondies de quelques millimètres à quelques centimètres de diamètre, très riches en minerai de fer.

Grâce aux limonites, le fer a été été largement exploités sur la can. On trouve en plusieurs endroits (en particulier sur le piémont nord du serre de Montgros et autour de Terre-Rouge), des résidus de fonte de fer, appelées "scories", qui marquent sans ambiguïté l'emplacement de fours. Sur les nombreux sites à scories, on trouve généralement des débris de schiste.

On date les sites à scories les plus anciens de... l'âge du fer, précisément ! (entre -800 et -100).

Une scorie trouvée
au pied du serre de Montgros.

Les débris de schiste et de quartz

Ca pourrait être une plaisanterie, car le schiste et le quartz sont des roches tout ce qu'il y a de plus naturel. Mais ce n'en est pas une, car une des choses frappantes sur la can est la quantité incroyable de petits débris de schistes et de quartz que l'on peut trouver sur quasiment toute la surface du plateau, pourtant composé de calcaire. Si une partie de ces pierres (en particulier les plus petites, d'un diamètre maximum de quelques centimètres) a pu, par un processus normal de transport aquatique, être amené depuis les massifs cristallins qui surplombaient la can il y a quelques dizaines de millions d'années par les paléorivières, la plupart sont trop gros et trop isolés de toute trace de courant aquatique, et ont donc logiquement été amenés par l'homme à des périodes plus récentes.

Le schiste est depuis toujours (enfin, depuis que l'on fabrique des maisons en dur) utilisé pour fabriquer les toits des bâtiments. Il est pratique car il se délite en lauzes souvent plus fines, donc moins lourdes, que le calcaire, et permet de faire des charpentes plus légères.

A proximité des lieux d'habitations actuels ou passé il est normal de trouver trouver du schiste, qui a été amené à dos de mulet ou en charrette depuis les carrières des environs. Mais on trouve également du schiste et du quartz dans des endroits très isolés, qui n'ont jamais accueilli de bâtiments, de mémoire d'homme, comme par exemple sur les corniches de puech vendut.

A quoi donc pouvait servir ce schiste, de si important que cela justifie d'en monter des dizaines, des centaines de tonnes à dos d'homme depuis la vallée ? C'est une des grandes questions que je me pose sur ce territoire, si quelqu'un peut m'aider à y répondre ?

Le quartz, quant à lui, pouvait fournir des outils très rudimentaires une fois brisé en morceaux aux arêtes vives. Il témoigne dans la plupart des cas de la présence de tailleurs de pierres.

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Dernière mise à jour : 06/11/07
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