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Marc

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La can de l'Hospitalet

Tumulus

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Les tumuli sont des sépultures qui datent, en général, du premier âge du fer (VIIème siècle avant JC). Ce sont des tertres de terre de forme ovale, de plusieurs mètres à plusieurs dizaines de mètre de long, au coeur desquels une cavité permet d'inhumer un corps, rarement plus. Ce sont donc des sépultures individuelles, à la différence des dolmens plus anciens et de taille plus importante servant à inhumer plusieurs personnes. En principe, destinés à ne servir qu'une fois, les tumuli n'ont pas de couloir d'accès. Dans l'esprit de leurs bâtisseurs, ils sont fermés pour l'éternité.

Les tumuli ont parfois été fabriqués à partir de dolmens préexistants dont la forme en table s'avère pratique pour une utilisation funéraire. Il suffit en effet, une fois le corps et les objets d'accompagnement placés sous la table, de fermer les bords avec des dalles de pierre pour obtenir une sorte de chambre funéraire, qu'il ne reste qu'à recouvrir de pierre et de terres pour obtenir un tumulus. On appelle cette pratique le "parasitisme funéraire". Sur la can, c'est peut-être le cas du tumulus du col de vache.

Mais les populations protohistoriques de la fin de l'Age du Bronze érigent également de nombreux tumulus sans réutiliser des dolmens. A partir de 800 avant J.C. ce type de sépulture devient très fréquent, devenant ainsi en quelque sorte le monument caractéristiques de l'Age du Fer. Les tumuli se répandent à la fois sur les crêtes des Cévennes et sur la Can.

On distingue deux sortes de tumuli :

  • Les tumuli à coffre. Les coffres sont des espaces rectangulaires limités par des dalles
    plantées de chant, contenant généralement des ossements calcinés, quelques tessons de poteries et des objets prélevés sur le bûcher funéraire. Ensuite l'espace intérieur du coffre est comblé avec des pierres et enseveli sous un tumulus. Le terme de "ciste" est réservé à des sépultures individuelles tandis que les "dolmens" sont en général plus volumineux et recouverts d'une grande dalle, même lorsque l'ensemble est enfoui sous un tumulus. Dans la région des Causses co-existent l'usage des coffres et la ré-utilisation des dolmens.
  • Les tumuli sans coffre. Ils ont été bâtis à partir d'un rocher mis à nu au centre duquel a été déposé un magma de terre noirâtre, tandis qu'étaient dispersés, à mesure qu'on édifiait le tumulus de pierres, quelques ossements incinérés et des tessons de poterie, qui sont ainsi répartis dans la structure même du tumulus. Leurs parements périphériques, arrondis, sont beaucoup plus soignés (belles lauzes posées à plat) que le reste de la construction.

Le rituel de crémation était une règle presque absolue dans les Cévennes schisteuses, mais existait également de manière sporadique sur les causses : le défunt est brûlé sur un bûcher élevé ailleurs (et qu'on ne retrouve pas) puis on dépose dans le tumulus, de manière symbolique, quelques ossements, quelques tessons de poterie (jamais de vases entiers), et de rares objets de parure en partie brûlés aussi, ou fondus. La plupart des matériaux retrouvés ont été datés de l'Age du Fer (7ème ou 6ème siècles) mais seules des datations au Carbone 14 sur les os incinérés permettraient de dire si certaines ont été édifiées plus anciennement.

La plupart des tertres sont de forme circulaire, de quelques mètres à vingt mètres de diamètre mais de hauteur modeste. La tombe y est généralement située en position centrale. Certaines sont protégées par un alignement de blocs, une dalle dressée ou un caisson de dallettes. Les sépultures sont le plus souvent individuelles. Des nécropoles de plusieurs dizaines de tombes se forment. Le défunt mâle est enterré avec sa grande épée, souvent brisée volontairement (raison symbolique ?), son rasoir de bronze et des vases de céramique qui contenaient peut-être des breuvages et des viandes.

Plusieurs lieux de culte sont intensément fréquentés, près de lacs, de fontaines ou de sources, ou dans des grottes sanctuaires. Des monnaies, des fibules, de petits vases gaulois, campaniens ou ibéIriques y jonchent le sol ou les vasques d'eau des rivières souterraines (Tres Berbaous à Meyrueis, Le Pesquio à Florac, la grotte sanctuaire de sargel...).

(avh, p. 56)

Comment différencier un tumulus d'un clapas ?

Il n'est pas toujours aisé de faire la différence entre un tumulus et un simple clapas, qui peuvent avoir le même genre de taille et de forme. Voici quelques points à observer, sachant qu'aucun d'eux n'apporte une certitude, et qu'il faut parfois faire appel à quelqu'un qui en a vu... beaucoup pour faire réellement la différence.

  • Les tumuli sont souvent végétalisés : soit que les pierres aient eu le temps, avec les millénaires, de se recouvrir d'une couche de terre puis d'herbe, soit que les bâtisseurs les aient intentionnellement couverts de terre... mais il existe des tumuli en pierre nue ! Mais dans ce cas, n'y a-t-il jamais eu de terre, ou a-t-elle été enlevée par la suite ? La question n'est pas des plus limpide !
  • Si le tumulus n'est pas végétalisé, on observe souvent un certain soin dans le choix et l'empilement des pierres : elles sont de tailles assez homogènes, et aucune ne dépasse exagérément.
  • Les tumuli ont généralement une forme régulière : ronde ou ovale... mais certains clapas aussi !
  • Les tumuli ont généralement une hauteur assez modeste (1 m ou moins), et présentent un profil pentu sur les bords et relativement plat sur le dessus
  • Il arrive que le coffre se soit effondré par rupture de la dalle supérieure sous le poids des pierres. Le sommet du tumulus présente alors un creux caractéristique.
  • Si le tumulus a été fouillé, ce qui arrive hélas très souvent de manière sauvage, le sommet du tumulus présente une fosse de la forme du coffre initial, qui peut mesurer 2 à 3 mètres de long sur 1 mètre de large, et les cailloux sont entassés sur les côtés, dégradant ainsi la forme originelle.
Voici par exemple de clapas que la forme générale et la taille pourrait faire ressembler à un tumulus. Mais les pierres sont un peu grosses et entassées sans soin... A priori, c'est raté !
Voici un clapas... qui pourrait être un tumulus : belle forme, taille adéquate, pierres homogènes et bien disposées, léger enfoncement sur le dessus... à regarder de plus près !

Sur la can

Michel Lorblanchet estime à une trentaine le nombre de tumuli existants sur la Can. Voici quelques sites particulièrement fournis :

  • La bordure méridionale de la can, entre les Crottes et la Couronne (Bassurels). En particulier, près du cap barré
  • La bordure de la can noire au dessus du Rocher des Fées (Barre des Cévennes)
  • Le nord du Rey jusqu'au col de Vache (Saint-Laurent-de-Trèves).
  • Sur la crête du Mazillou
  • A la côte 1034 de la can de Saint Laurent de Trèves
  • Au Suquet (can de Saint Laurent, tumulus présumé mais non certifié)

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Dernière mise à jour : 06/11/07
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